Lactococcose en aquaculture – des cas en cours, mesures de biosécurité pour tous

Pêche

La lactococcose est une maladie bactérienne infectieuse grave qui touche principalement les poissons d’élevage notamment les truites et certains poissons sauvages. Souvent qualifiée de « streptococcose », elle se développe principalement lorsque la température de l’eau augmente (généralement au-dessus de 15°C à 20°C).

 

Des cas de lactococcose sont en cours en Bretagne. Les sites concernés n’envoient pas de poissons à l’extérieur de la région et toutes les mesures de biosécurité sont prises pour éviter la circulation de la bactérie. Les équipes locales suivent en direct et vont réaliser un travail de compréhension/réflexion autour de cet évènement à la fin de l’étiage. 

Dans l’attente, voici tout ce qu’il faut savoir sur cette pathologie :

1. Quelles souches bactériennes sont responsables ?

La maladie est causée par des bactéries à Gram positif. Les principales souches responsables sont : Lactococcus garvieae : c’est l’agent pathogène majeur et le plus redoutable ; Lactococcus petauri : présent en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine.

2. Quelles espèces de poissons sont touchées ?

La lactococcose affecte une grande variété d’espèces, en eau douce comme en eau de mer. Les principales victimes sont :

  • Les salmonidés : La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) est de loin l’espèce la plus sensible et la plus touchée économiquement.
  • Les poissons marins d’élevage : Le bar (loup de mer), la daurade royale, la sériole et le turbot.
  • Autres espèces : Le tilapia, les esturgeons, les anguilles, et même certains poissons d’ornement (comme les carpes koï).

3. Symptômes : Comment reconnaître la maladie ?

La lactococcose est une infection septicémique (généralisée). Les signes cliniques peuvent être externes et internes :

  • Signes comportementaux et externes
    • Comportement anormal : Les poissons deviennent léthargiques, nagent de manière erratique (en spirale) ou restent en surface ou près des parois.
    • Anorexie : Perte totale d’appétit.
    • Exophtalmie : Les yeux sont exorbités (souvent de manière bilatérale) et peuvent présenter des hémorragies ou une opacité (œil blanc).
    • Mélanose : Assombrissement cutané global du poisson.
    • Hémorragies : Présence de sang à la base des nageoires, autour de l’anus, sur l’opercule ou autour des yeux.
    • Distension abdominale : Ventre gonflé dû à une accumulation de liquide.
  • Signes internes (à l’autopsie)
    • Ascite : Présence d’un liquide jaunâtre ou sanglant dans la cavité abdominale.
    • Splénomégalie et hépatomégalie : La rate et le foie sont hypertrophiés (gonflés) et congestionnés.
    • Entérite : L’intestin est congestionné, enflammé et souvent rempli d’un mucus jaunâtre.

4. Quel est le taux de mortalité ?

Le taux de mortalité est généralement très élevé et peut être foudroyant, surtout en été. Dans les élevages de truites arc-en-ciel non vaccinées, la mortalité peut atteindre 50% à 80% (voire même plus) de la population en l’absence de traitement. La maladie peut se propager sous forme aiguë (mortalité massive en quelques jours dès que la température de l’eau dépasse 18-20°C) ou chronique (mortalité plus faible mais continue).

5. Comment s’en prémunir et la traiter ?

La prévention est la clé, car une fois la maladie installée, les traitements antibiotiques sont souvent limités par l’anorexie des poissons (qui ne mangent plus les aliments médicamenteux).

La Prévention (Le plus efficace)

  • La vérification des fournisseurs : s’assure que le fournisseur n’a pas cette maladie dans sa pisciculture.
  • La Vaccination : C’est la méthode de protection la plus efficace. Il existe des vaccins commercialisés (souvent administrés par injection ou par bain chez les alevins/juvéniles) spécifiquement contre L. garvieae et/ou L. petauri.
  • La gestion de l’environnement : Réduire la densité de stockage des poissons à l’approche de l’été pour limiter le stress.
  • L’oxygénation : Maintenir des niveaux d’oxygène optimaux, car les eaux chaudes contiennent moins d’oxygène et stressent les animaux.
  • La biosécurité : Désinfection stricte du matériel, quarantaine pour les nouveaux poissons et élimination rapide des cadavres pour éviter la propagation de la bactérie.

Le Traitement – Antibiotiques

Si la maladie se déclare, un vétérinaire peut prescrire des antibiotiques via l’alimentation, à condition que le diagnostic soit posé rapidement avant que les poissons n’arrêtent de s’alimenter. A noter, des cas d’ antibiorésistance chez Lactococcus garvieae sont de plus en plus fréquemment signalés.

 

Pour tout complément, contactez GDS Centre avec sa section aquacole. 

Source : GDS Bretagne, section aquacole