Virus Shamonda-like, un orthobunyavirus identifié dans l’Est de la France

Depuis mi-juillet, des éleveurs laitiers signalent des cas inhabituels chez des bovins dans plusieurs départements de l’Est de la France, notamment dans le Doubs, l’Ain, les deux Savoie. Des situations similaires ont également été rapportées en Suisse et en Allemagne.

Les cas semblent se multiplier rapidement. Face à l’absence de résultats concluants lors des analyses de première intention réalisées par les laboratoires départementaux, des prélèvements biologiques ont été adressés à l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT) pour des investigations complémentaires.

Shamonda-like, un orthobunyavirus proche de Schmallenberg mis en évidence

Des analyses sont réalisées à l’ENVT à l’aide d’une approche de séquençage métagénomique. Elles ont permis de mettre en évidence la présence d’un virus Shamonda. Il s’agit d’un orthobunyavirus, proche du virus de la maladie de Schmallenberg. Il est étroitement apparenté aux virus du sérogroupe Simbu. 
Les orthobunyavirus sont des virus à ARN transmis principalement par des insectes piqueurs du genre Culicoides. Il s’agit du même vecteur que le virus de la fièvre catarrhale ovine (FCO) et de la maladie hémorragique épizootique (MHE). Plusieurs virus du sérogroupe Simbu sont déjà connus en Europe et dans le monde, notamment les virus de Schmallenberg, Shamonda et Akabane.
Le virus Shamonda a été détecté pour la première fois au Nigeria au milieu des années 1960. Jusqu’en 2026, il avait été signalé de manière sporadique en Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe, ainsi qu’au Japon.
À ce jour, comme pour tous les autres virus du groupe Simbu, rien n’indique que le virus Shamonda soit transmissible à l’homme. Cette infection n’est pas réglementée au niveau international par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA). Elle n’est soumise à aucune mesure officielle de surveillance et de lutte.
 

Signes cliniques et recommandations

Les symptômes observés sont relativement homogènes d’un élevage à l’autre. Les animaux atteints peuvent présenter un épisode fébrile de courte durée. Ces signes cliniques discrets sont dans la majorité des cas transitoires. Par ailleurs, comme pour d’autres orthobunyavirus du sérogroupe Simbu, une infection survenant pendant la période de gestation pourrait entraîner des avortements et de graves malformations fœtales comme pour la maladie de Schmallenberg.

Les principaux symptômes sont:

  • Diarrhée aiguë
  • Abattement
  • Fièvre (généralement de courte durée)
  • Baisse de production (temporaire mais pouvant atteindre 50%)
  • Baisse d’activité générale

Les bovins sont considérés comme des hôtes les plus répandus. Les petits ruminants pourraient également être des hôtes du virus. Il n’existe aucune preuve de transmission directe significative d’animal à animal, à l’exception de la transmission verticale de la mère à sa descendance pendant la gestation.

Les mesures de lutte les plus efficaces reposent sur la protection des troupeaux contre les moucherons et les moustiques afin de réduire le risque d’infection. Il n’existe pas de traitement (virucide) permettant d’éliminer le virus chez l’animal. 

En cas de symptômes aiguës il est recommandé de contacter votre vétérinaire sanitaire afin d’apporter les soins nécessaires.

Une fiche technique réalisée par GDS France et la SNGTV est disponible ici .

Une fiche sur la gestion des culicoïdes est également disponible ici.

 

Source: GDS France, SNGTV