Virus Shamonda-Europe (22/10/2026), la diffusion continue largement et les impacts sont réels

L’identification du passage du virus Shamonda-Europe continue sur tout le territoire et, même si cette maladie n’est pas règlementée, les impacts en élevage sont réels. Il est donc important de s’informer et d’alerter son vétérinaire en cas de suspicion.

Situation épidémiologique en France

Pour rappel, une méthode de détection de ce nouveau virus SHAV-Europe par RT-PCR a été développée en urgence par l’ENVT en juillet 2026. Des investigations rétrospectives ont permis de confirmer que ce virus avait circulé depuis juin-juillet 2026 en France en élevage bovin (Doubs, Ain, Savoie et Haute-Savoie). 

Le virus a été confirmé chez des ovins par RT-PCR dans deux départements en septembre 2026 (Oise et Aveyron). Les foyers ovins se caractérisaient par des malformations congénitales. Les agneaux présentaient notamment une arthrogrypose et une brachygnathie. Le génome du virus a été détecté par PCR dans l’encéphale.

Un premier cas équin a été détecté dans l’Hérault le 30/09/2026. L’imputation à Shamonda-Europe est due à la présence concomitante des signes nerveux, de la détection par PCR du virus Shamonda-Europe, et d’analyses PCR négatives West Nile et EHV. 

Au 22/10/2026, il a aussi été identifié chez des bovins présentant tous des symptômes dans 52 départements (source : ADILVA, ENVT et GDS France le 22/10/2026) (carte ci-dessus). 

 

Informations sur la détection d’un cas humain en France

Les autorités sanitaires (ministère en charge de l’agriculture et ministère en charge de la santé) ont informé le 22/10/2026 de l’infection par le virus Shamonda-Europe « d’un patient présentant une immunodépression sévère, pris en charge aux Hospices civils de Lyon pour une pathologie grave. Le patient est décédé début octobre. Des investigations cliniques, biologiques et épidémiologiques sont encore en cours dans une approche « Une seule santé », associant les expertises en santé humaine, animale et environnementale. Au regard des connaissances disponibles sur ce virus, aucun risque sanitaire pour la population générale n’est identifié à ce jour. » (communiqué de presse du 22/10/2026).

 

Situation épidémiologique en Europe

Au niveau des pays européens, l’observation d’une extension est la même. Dans le compartiment

 animal, au 22/10/2026, détections de foyers en Autriche, Allemagne, Belgique,

 Espagne, France, Irlande, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni (Jersey), Slovénie et Suisse.

Deux clades distincts ont été identifiés (Shamonda Europe 1 (SHAV-EU1) dans l’est de la France, Suisse, sud de l’Allemagne et Espagne (région de Madrid) et virus Shamonda Europe 2 (SHAV-EU2) dans l’ouest de la France, aux Pays-Bas, au nord de l’Allemagne et au nord de l’Espagne, sans pour autant que des variations cliniques ne soient observées. Pour les autres pays, l’information n’est pas encore disponible.

Pour rappel, à ce jour, cette infection n’est pas réglementée au niveau international par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA). Elle n’est soumise à aucune mesure officielle de surveillance et de lutte.

 

Signes cliniques et recommandations

Les symptômes observés sont relativement homogènes d’un élevage à l’autre. Les animaux atteints peuvent présenter un épisode fébrile de courte durée. Ces signes cliniques discrets sont dans la majorité des cas transitoires. Par ailleurs, une infection survenant pendant la période de gestation pourrait entraîner des avortements (précoces ou tardifs) et de graves malformations fœtales comme pour la maladie de Schmallenberg.

Les principaux symptômes sont :

    • Diarrhée aiguë
    • Abattement et/ou diminution de la rumination
    • Fièvre (non systématique, généralement de courte durée)
    • Baisse de production (temporaire mais pouvant atteindre 50%)
    • Baisse d’activité générale

Le cas se confirme après la réception des résultats positifs, suite à une RT-PCR réalisée sur un animal ou sur un avorton.

Ce virus se transmet principalement par de petits insectes piqueurs du genre Culicoïdes (mêmes vecteurs que pour la FCO et la MHE).

Il n’existe aucune preuve de transmission directe significative d’animal à animal, à l’exception de la transmission verticale de la mère à sa descendance pendant la gestation. Surveillez les femelles gestantes et les naissances dans les mois à venir.

Il n’existe également aucun de vaccin contre ce virus. Les mesures de prévention les plus efficaces reposent donc sur la surveillance clinique des animaux ; la protection des troupeaux vis-à-vis des moucherons du genre Culicoïdes ; le maintien des animaux dans un bon état sanitaire général. 

Attention PNG pour téléchargement gratuit

Une fiche technique sur ce virus, réalisée par GDS France et la SNGTV est disponible ici.

 

En cas de symptômes aigüs il est recommandé de contacter votre vétérinaire sanitaire afin d’apporter les soins nécessaires.

 

 

Sources : GDS France, Plateforme ESA, DGAl