PPR et Clavelée : point de situation de la diffusion au 22/07/2026

La peste des petits ruminants (PPR) et la Clavelée sont deux maladies réglementées qui touchent les éleveurs ovins et caprins. La diffusion de ces maladies dans l’Est de l’Europe continue doucement mais une circulation à bas bruit est suspectée dans plusieurs pays, incluant des pays n’ayant pas encore détecté/déclaré le virus sur leur territoire.

Il est donc important de bien les connaître et de s’en prémunir en mettant en place les mesures de biosécurité nécessaires pour éviter leur introduction en France.

Peste des petits ruminants

En Croatie, les détections se poursuivent. Un nouveau foyer secondaire détecté le 05/07/2026 (Daruvar), marque une légère progression de la maladie vers l’Est du pays. Les derniers foyers détectés, les 09/06/2026 et 11/06/2026, ont été déclarés dans le nord de la Croatie à 50 km de la frontière avec la Hongrie et 45 km de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine. Cette apparition survient après 6 mois sans nouvelles détections. La Croatie représente 60% des foyers européens enregistrés depuis le 01/01/2026, sur un total de 22 détectés.  En Roumanie, 5 nouveaux foyers ont été détectés entre le 22/06 et 07/07/2026 dont trois dans le centre du pays (provinces de Mures et Brasov) et deux près de la frontière avec la Serbie.

 

La PPR est un virus qui affecte les caprins, les ovins et les animaux sauvages de la même famille que les petits ruminants domestiques, ainsi que les camélidés. Elle se caractérise par des taux de morbidité et de mortalité élevés notamment chez les jeunes animaux. Une circulation discrète de la maladie est suspectée dans plusieurs pays, y compris des pays n’ayant pas déclaré le virus. Une vigilance accrue est donc de mise pour éviter son introduction

Les animaux symptomatiques peuvent présenter de la fièvre, des larmoiements, du jetage, des diarrhées profuses, de la toux et des lésion nécrotiques sur la muqueuse buccale.  Il n’y a pas de traitement contre cette maladie et l’issue est souvent la mort pour les animaux qui présentent des symptômes. 

Comme évoqué déjà les infections subcliniques sont fréquentes. Ces animaux infectés ne montrent pas de signes cliniques mais peuvent transmettre la maladie. Une augmentation du nombre d’avortements au sein d’un troupeau peut être un signe d’infection par la maladie.

La surveillance, basée sur la détection de cas cliniques, doit être complétée par des dépistages systématiques en laboratoire pour prendre en compte ce risque. En particulier, l’investigation épidémiologique doit être intégrée dans la démarche diagnostique. Le diagnostic différentiel inclut les maladies mieux connues des vétérinaires locaux, telle que la fièvre catarrhale ovine, les infections secondaires (pasteurellose), ou les effets de la chaleur (baisse d’appétit).

La maladie se transmet principalement de manière directe. Cependant, les enquêtes épidémiologiques conduites en Grèce et en Roumanie suggèrent des transmissions indirectes. Les moyens possibles sont les camions qui passent d’élevage en élevage pour livrer du foin ou collecter le lait, ou des personnes qui visitent plusieurs élevages. 

Une fiche technique sur la PPR, réalisée par GDS France est aussi à votre disposition (disponible ici).

Clavelée / Variole des petits ruminants

Depuis le 01/07/2025, 1 664 foyers ont été détectés en Grèce sans discontinuité. Sur les 4 dernières semaines, ce sont 21 foyers qui ont été détectés. Une baisse est observée depuis le mois de décembre 2025. Au total, ce sont 1 898 foyers détectés en Europe (hors Turquie) à l’heure actuelle. La forte densité animale, le faible niveau de biosécurité et les mouvements illégaux, en particulier dans le nord (Macédoine Orientale et Thrace) sont des facteurs explicatifs de cette augmentation malgré l’implémentation des mesures de contrôle.

La clavelée est un virus qui affecte les caprins, les ovins et les petits ruminants sauvages. Elle se caractérise aussi par des taux de morbidité et de mortalité élevés, notamment chez les jeunes animaux (80% pour des agneaux en zone indemne). Il est important de noter que les membres de l’Union européenne ont choisi de classer la clavelée en catégorie A dans la Loi Santé Animale : les mesures de gestion préconisées sont donc obligatoires pour ses membres afin de l’éradiquer. Cependant, cette maladie n’est pas transmissible à l’Homme. 

Les signes cliniques de la maladie sont de la fièvre, de l’abattement, du jetage et des larmoiement, de la conjonctivite et de la photophobie. Des lésions cutanées apparaissent sur les zones glabres et la face de l’animal ainsi que des ganglions devant l’épaule. ​D’autres troubles peuvent survenir également : troubles respiratoires, digestifs, avortements, surinfections.

Des foyers de variole de petits ruminants (Clavelée et variole caprine) ont été confirmés en quasi-totalité chez des ovins et très sporadiquement chez des chèvres, ce qui témoigne d’une possibilité de transmission du virus de la variole ovine entre espèces, d’ovins à caprins, et que le virus de la variole caprine ne circule probablement pas. L’infection des caprins par le virus de la variole ovine semble être plus difficile et induire une clinique moins sévère, voire inapparente. Il est toutefois difficile de savoir si, d’une façon générale, les laboratoires de diagnostic des pays concernés réalisent des tests permettant de distinguer les virus ovin et caprin et, en particulier, si une telle discrimination est réalisée lorsque des caprins sont infectés. Ainsi les informations disponibles à ce jour suggèrent que seules des souches de virus de la variole ovine (sheeppox) circulent dans les Balkans. 

Une fiche technique sur la clavelée, réalisée par GDS France est aussi à votre disposition (disponible ici).

Que faire en région Centre-Val de Loire 

Également, afin de s’en prémunir, plusieurs fiches pratiques biosécurité ont été rédigées par GDS France et des organismes partenaires pour vous accompagner (disponibles ici).

Pour toute question ou si vous avez besoin d’accompagnement, contactez votre GDS départemental.

Sources : Plateforme ESA, GDS France