La peste des petits ruminants constitue une menace sanitaire sérieuse, aux conséquences potentiellement lourdes pour les élevages ovins et caprins. Face à ce risque, la vigilance des éleveurs, associée au respect des mesures de biosécurité et à une réaction rapide en cas de suspicion, est essentielle pour protéger les troupeaux et l’ensemble de la filière.
Afin de faciliter la diffusion de l’information sur cette maladie, une fiche réflexe dédiée a été élaborée par GDS France, en collaboration avec la SNGTV et La Coopération Agricole Pôle Animal. Elle rassemble l’ensemble des informations essentielles pour comprendre les risques et adopter les bons réflexes.
Une maladie animale sous surveillance en Europe
La peste des petits ruminants (PPR) est une maladie virale hautement contagieuse qui touche les chèvres et les moutons. Absente du territoire français, elle représente aujourd’hui un risque réel d’introduction, en raison de sa progression récente en Europe du Sud et du Sud-Est notamment à bas bruit.
En 2024, plusieurs pays européens ont déclaré des cas de PPR, notamment la Grèce, la Hongrie, l’Albanie, le Kosovo, la Roumanie et la Bulgarie. Depuis fin 2025, de nouveaux foyers ont également été signalés en Croatie et en Albanie. Les autorités sanitaires estiment par ailleurs que la maladie pourrait déjà circuler dans d’autres régions européennes, sans être encore détectée.
Le principal risque d’introduction en France repose sur les mouvements d’animaux, y compris d’animaux ne présentant aucun symptôme visible.
Qu’est-ce que la peste des petits ruminants ?
La PPR est une maladie virale réglementée, qui se transmet principalement par contact direct entre animaux, via les sécrétions respiratoires (nez, bouche).
Le virus peut également être transporté indirectement par :
- Les véhicules de transport, même vides,
- Le matériel d’élevage,
- Les vêtements et chaussures,
- Les personnes ayant circulé entre différents élevages,
- Des matières contaminées.
La maladie n’est pas transmissible à l’Homme, mais celui-ci peut contribuer à sa propagation s’il ne respecte pas les mesures de biosécurité y compris sur de longues distances.
Comment se manifeste la PPR chez les animaux ?
Une incubation courte
La période d’incubation est généralement de quelques jours à une semaine.
Des signes cliniques variables
Les animaux atteints peuvent présenter :
- Une fièvre élevée, pouvant atteindre 42 °C ;
- Une fatigue marquée et une baisse de l’appétit ;
- Des larmoiements (conjonctivite) et le nez qui coule (écoulements nasaux);
- Des plaies (lésions) dans la bouche ;
- Une diarrhée qui peut être importante ;
- Des troubles respiratoires ;
- Une baisse de production, avec parfois des avortements ;
- Dans les formes graves, une mort soudaine.
Il existe également des formes subcliniques ou inapparentes, sans signes visibles. Ce sont ces formes discrètes qui semblent circuler dans certaines zones d’Europe, rendant la détection plus difficile.
Une maladie qui fragilise l’immunité
Le virus de la PPR affaiblit les défenses immunitaires des animaux. Cela favorise l’apparition d’autres maladies, notamment bactériennes, qui peuvent masquer la PPR. Des maladies inhabituelles, plus fréquentes que d’habitude ou qui ne guérissent pas malgré les soins, doivent donc aussi être considérées comme des signaux d’alerte.
Comment repérer la maladie et que faire en cas de suspicion ?
La surveillance quotidienne du troupeau est essentielle.
En pratique :
- Observez attentivement l’état général de vos animaux ;
- Soyez attentif à tout changement de comportement ou de santé notamment des maladies inhabituelles, plus fréquentes ou qui ne guérissent pas.
Au moindre doute, contactez immédiatement votre vétérinaire sanitaire.
Une détection rapide permet de :
- Limiter la propagation de la maladie,
- Protéger les élevages voisins,
- Préserver l’ensemble de la filière ovine et caprine.
Comment se prémunir de la PPR au niveau de l’élevage ?La biosécurité est la clé de la prévention. Elle repose sur des mesures simples mais rigoureuses, à appliquer au quotidien et avant toute introduction d’animaux. Lors de l’achat d’animaux Il est notamment recommandé de :
Au quotidien dans l’élevageAdoptez les bons réflexes :
Transports et lieux de rassemblementLes transports d’animaux et les lieux de rassemblement (marchés, foires, concours) nécessitent une vigilance renforcée et l’application stricte des mesures de biosécurité. |
Les GDS, en lien avec les vétérinaires et les partenaires du sanitaire, sont pleinement mobilisés pour surveiller, prévenir et accompagner les éleveurs face à ce risque. Pour toute question ou si vous avez besoin d’accompagnement, contactez votre GDS Départemental.
Sources : GDS France

Image Par David Porter De Pixabay 598X455