La Clavelée, évolution épidémiologique et s’en prémunir

La clavelée ovine ou variole caprine touche les deux espèces. On a observé une résurgence de cette maladie en Europe de l’Est. La situation en Grèce est particulièrement active avec une incidence élevée. Des mesures de prévention renforcées sont mises en place notamment l’interdiction de circulation des animaux en provenance ou vers la Grèce. 

Il est donc important de bien connaître les symptômes afin de s’en prémunir en mettant en place les mesures de biosécurité nécessaires pour éviter son introduction en France. 

Situation en Grèce 

La Grèce fait face depuis 2023 à cette épizootie de clavelée. L’incidence a augmenté depuis fin avril, avec une circulation virale marquée dans plusieurs régions du nord, du centre et de l’est du pays. La forte densité animale, le faible niveau de biosécurité et les mouvements illégaux, en particulier dans le nord (Macédoine orientale et Thrace) sont des facteurs explicatifs de cette augmentation malgré l’implémentation des mesures de contrôle. Cette réémergence après cinq mois sans aucune détection, pourrait être due à une nouvelle introduction du virus sur le territoire. 

Depuis le 01/07/2025, 1 630 foyers ont été détectés en Grèce sans discontinuité. Au total c’est 1 850 foyers détectés en Europe (hors Turquie) à l’heure actuelle. L’incidence des foyers diminuait depuis le mois de décembre 2025, mais elle est repartie en légère hausse, avec 14 foyers détectés sur les quatre dernières semaines et un réel impact sur les cheptels.

Il est important de noter que les membres de l’Union européenne ont choisi de classer la clavelée en catégorie A dans la Loi Santé Animale : les mesures de gestion préconisées sont donc obligatoires pour ses membres pour les éradiquer. Or, face à cette situation épidémiologique expansive et la volonté du gouvernement grec de ne pas vacciner les cheptels mais de gérer uniquement par le dépeuplement, une interdiction de mouvement des animaux vers les autres pays Européens est entrée en vigueur. Cette mesure doit permettre de ne pas propager cette maladie très résistante dans l’environnement à l’extérieur du pays.

 

Protéger son troupeau 

Pour se prémunir de l’introduction de ces maladies, plusieurs mesures peuvent être mises en place : 

  • Les animaux destinés à l’abattage en France en provenance des pays concernés par l’une des maladies, doivent provenir d’une zone indemne au sein de ce pays, être couverts par un certificat sanitaire officiel établi par les autorités sanitaires du pays d’origine, et devront être transportés sans rupture de charge jusqu’à l’abattoir de destination désigné dans le certificat sanitaire, pour y être abattus dans les meilleurs délais.
  • Une attention accrue au nettoyage et à la désinfection des moyens de transport est demandée dès le déchargement en France pour le transport de vif, et avant leur départ pour les véhicules de transport de bétail qui reviennent à vide depuis un pays infecté, quelle que soit l’espèce animale transportée.
  • Les mesures habituelles de biosécurité sont à assurer, y compris pour le personnel même le personnel temporaire.
  • En cas de signes évocateurs d’une de ces maladies, les éleveurs doivent contacter sans délai leur vétérinaire sanitaire qui en informera sa DDPP suite à sa visite. 
  • Les DDPP pourraient être amenées à réaliser des contrôles à l’introduction sur des animaux à destination de l’élevage en fonction d’une analyse de risque.

Plusieurs fiches pratiques biosécurité ont été rédigées par GDS France et des organismes partenaires pour vous accompagner

(lien pour les télécharger).

 

Rappels sur la maladie

La clavelée est une maladie virale, causée par des souches de capripoxvirus. Elle affecte les ovins, les caprins et les petits ruminants sauvages. Elle se caractérise aussi par des taux de morbidité et de mortalité importants. Cela est particulièrement visible chez les jeunes animaux (80% de mortalité pour les agneaux en zone indemne).

Cette maladie n’est pas transmissible à l’Homme, cependant il peut la transporter. Elle est extrêmement contagieuse et se transmet par contact direct avec un animal, par le transport d’animaux, ou de façon indirecte par inhalation d’aérosols infectieux, ou par des piqûres insectes. C’est un virus très résistant dans l’environnement et peut y rester des mois. Les mouvements d’animaux constituent la principale cause de diffusion sur de grandes distances.

Cette maladie est classé A-D-E dans le cadre de la Loi de Santé Animale (LSA), c’est-à-dire :

  • Normalement absente de l’Union Européenne et soumise à une éradication immédiate
  • Soumise à une restriction de mouvements entre les Etats membres de l’Union Européenne
  • Soumise à surveillance

Plus de description de la maladie : Cirad

Signes cliniques

La période d’incubation varie entre 4 et 21 jours. Plusieurs symptômes peuvent ensuite apparaître :

  • Lésions buccales et cutanés : rougeurs, boutons sur la peau (papules), petites boules sous la peau (nodules),
  • Fièvre pouvant atteindre > 41°C
  • Fatigue, baisse d’appétit
  • Conjonctivite, yeux et nez qui coulent
  • Troubles digestifs et respiratoires
  • Chute de lactation
  • Avortement

Chez les caprins, les symptômes peuvent être sensiblement les mêmes mais moins prononcés.

Une fiche technique reprenant les expressions cliniques est à disposition.

 

Sources : Plateforme ESA, GDS France