Clavelée, forte incidence en Grèce

La Grèce fait face, depuis 2023, à une épizootie de clavelée. Ces derniers mois, l’incidence de la maladie se situe à un niveau élevé et 51 nouvelles détections ont eu lieu sur les 4 dernières semaines. Cette situation est inquiétante et il est important de respecter les mesures de prévention de la maladie (respecter les interdictions de mouvement, détecter précocement tout signe maladie, maintenir un niveau de biosécurité suffisant…).

Impacts de la maladie

La clavelée est une maladie virale non zoonotique, causée par des souches de capripoxvirus, qui touche exclusivement les espèces ovine et caprine. Au niveau européen, la maladie est classée «A-D-E», c’est à dire à déclaration obligatoire et éradication immédiate. En termes de mesures de lutte, la vaccination contre la clavelée est proscrite dans les pays de l’Union européenne (UE).

La maladie est caractérisée cliniquement  par de la fièvre, abattement et la présence de papules ou nodules généralisés. L’incubation est de 14 à 21 jours. La maladie touche tous les animaux jeunes ou adultes. Elle est plus marquée chez les jeunes animaux et les femelles sont plus sensibles à l’infection que les mâles. La vague de contamination succède de 3 à 4 semaines les premiers cas. 

On observe plusieurs formes : la forme classique vésiculeuse (avec des symptômes généraux et cutanés), la forme suraiguë (rarement observée mais mortalité élevée), et une forme nodulaire (nodules avec tissu cicatriciel mais davantage en Inde et en Afrique). Elle peut entraîner la mort des animaux atteints, avec des taux de mortalité variables pouvant aller jusqu’à 80%  des  agneaux  dans  des élevages  ovins  atteints et entraîne des pertes de production chez les caprins. 

Elle est extrêmement contagieuse et se transmet par contact direct avec un animal infecté ou indirect (aérosols, piqure d’arthropode). Elle n’est pas transmissible à l’homme.  

Le diagnostic clinique repose sur les signes cliniques et l’aspect lésionnel des boutons, des croûtes et pustules et de leurs localisations. Le diagnostic laboratoire permet de confirmer les suspicions cliniques. Des analyses sérologiques ou virologiques sont réalisées à partir de prélèvements sanguins ou de biopsies cutanées.

Plus de descriptif de la maladie : Cirad

 
Situation épidémiologique en Europe

La Turquie déclare depuis 2006 d’un à 311 foyers annuellement. Les derniers foyers en Europe hors Turquie, avant la résurgence en 2023, avaient été déclarés par la Grèce en 2018 dans des îles situées à proximité de la Turquie et par l’Espagne en 2022. La maladie est enzootique en Afrique (y compris dans les pays du nord du continent qui pratiquent la vaccination, comme le Maroc, l’Algérie et la Tunisie), ainsi qu’au Moyen-Orient et en Asie.

Depuis avril 2025, il y a eu une réémergence de la maladie en Grèce. La maladie a été déplacée de plusieurs dizaines de kilomètres plusieurs fois notamment vers la macédoine du Nord qui a détecté son premier foyer le 23/01/2026.

Depuis le 01/07/2025, 15 533 foyers ont été détectés en Grèce. L’incidence mensuelle baisse mais se maintient à un niveau élevé avec 51 détections sur les quatre dernières semaines et un réel impact sur les cheptels. 


Cette situation est inquiétante et il est important de respecter les mesures de préventions de la maladie (respecter les interdictions de mouvement, détecter précocement tout signe maladie, maintenir un niveau de biosécurité suffisant…).

Sources : Plateforme ESA, GDS France