Abreuvement : soigner la qualité et la quantité

L’eau est le premier aliment des animaux. Un déficit d’abreuvement ou une eau de mauvaise qualité peuvent entrainer des conséquences désastreuses sur la santé et les performances d’un troupeau. C’est pourquoi il est important de veiller à la quantité et à la qualité de l’apport en eau.

Un apport en eau suffisant

Il est nécessaire d’apporter aux animaux d’élevage une quantité d’eau suffisante et adaptée à leur stade physiologique. La consommation d’eau peut être multiplié par 1.5 à 2 en conditions estivales (>25°C).

Pour que l’eau soit apportée en quantité suffisante, il est également essentiel de dimensionner correctement les dispositifs d’abreuvement, en bâtiment comme au pâturage. Dans ce dernier cas, le dispositif d’abreuvement devra se situer dans une zone facile d’accès, peu ou pas ombragée (limiter l’appropriation par les dominantes), relativement proche de la zone de pâturage (<200 mètres) et sur un sol drainé. Il faudra également veiller à ce que son débit et sa capacité soient suffisants.

Espèce Stade physiologique Besoin en eau journalier (l/j)
Bovins


Vache laitière en lactation 60 à 120
Vache allaitante (et son veau) 25 à 65 (5 à 15)
Vache tarie, génisse > 2 ans 20 à 60
Bovin à l’engraissement 20 à 80
Veau en croissance 10 à 40
Ovins Brebis en lactation 2.5 à 12
Brebis gestante / bélier 2 à 7
Agneau à l’engraissement 3 à 5
Agnelle de renouvellement 1.5 à 2.5
Caprin

Chèvre en lactation 8 à 13
Chèvre tarie 4 à 8
Chevrette 1.5 à 2.5

Source: GDMA, à partir de « Aménagement des abreuvoirs en bâtiments d’élevage », Herbe et Fourrages, 2024

 

Une eau de qualité

En matière de qualité de l’eau, la loi européenne stipule que les animaux doivent avoir accès à une quantité appropriée d’eau et d’une qualité adéquate, c’est-à-dire propre visuellement, sans excréments, claire et régulièrement renouvelée. En pratique, cette recommandation est insuffisante car l’eau peut paraître propre sans toutefois être bonne pour la santé des animaux.

Les conséquences d’une mauvaise qualité de l’eau peuvent être multiples: baisse de la consommation, baisse de la production laitière, infections diverses impactant la reproduction ou encore le système digestif des veaux (diarrhées, etc.). 

 

 

Les bonnes pratiques

  • Surveiller la qualité de l’eau grâce à la réalisation d’analyses régulières, que ce soit de l’eau venant d’un puits, de forages, de l’eau de pluie et même de l’eau du réseau.
  • Entretenir les installations d’abreuvement. Les abreuvoirs doivent être vidangés et récurés afin d’éviter la formation d’un biofilm sur les parois. Ce biofilm se crée parfois dans les tuyaux d’acheminement, ce qui entraîne des contaminations de l’eau.
  • Diversifier ses sources d’approvisionnement en eau, afin de ne pas reposer entièrement sur le réseau d’eau potable. La qualité de l’eau doit toujours être surveillée et certaines sources sont plus à risque que d’autres. Les bactéries se développent facilement dans les eaux stagnantes. Les mares et les rivières à très faible débit sont particulièrement à risque, et d’autant plus que l’abreuvement des animaux dans ces points d’eau entraîne du piétinement et une contamination par les fèces. Le piétinement met des particules en suspension dans l’eau et la présence de bouses dégrade la qualité de la ressource, à la fois pour le troupeau et également pour les éventuels autres usagers en aval. Les eaux superficielles sont ainsi celles dont la qualité est la plus variable au cours du temps.

 

Source : GDMA/GDS Centre, Herbes et fourrages CVL